L’éducation thérapeutique

Ça, c’est vraiment mon truc : l’éducation thérapeutique, c’est à dire le rôle pédagogique de l’infirmière. Cela englobe les conseils qu’on donne mais c’est surtout une véritable démarche sur le long terme, qui permet parfois de faire chuter quelques idées reçues. Mon autre truc ? Lutter contre la douleur ; je suis très performante sur les antalgiques. Et ce jour-là, j’ai bien cru que j’avais allié les deux… sauf que…

« J’en veux pas, de ça !
Ça va me faire vomir. »

Ce jour-là, j’étais en stage en chirurgie et me préparais, justement, à aller administrer un antalgique. Quand je suis entrée dans la chambre, le patient m’a tout de suite semblé très méfiant ; le genre, ai-je supposé, qui épluche un site de vulgarisation médicale bien connu et qui, après, refuse tout ce qu’on lui propose :

« – C’est quoi, cette perfusion ? »
« – C’est un antalgique, monsieur, un anti-douleur. »
« – Oui, non mais ça, d’accord. Moi, je vous demande la molécule. »

(La molécule ? Voilà qui est inhabituel mais bon, j’aime bien informer, alors…)

« – C’est du Nefopam, le générique de l’Acupan. C’est un antidouleur puissant qui va vous soulager rapidement. »
« – J’en veux pas, de ça ! Ça va me faire vomir. »
« – Non, ne vous inquiétez pas, je rajoute systématiquement un anti-émétique avec… Attendez, je vous explique… »

Et me voilà qui m’assois à côté de lui, qui entreprends de le rassurer, qui lui explique les médicaments, leurs effets secondaires ; la nécessité de calmer la douleur avant qu’elle ne survienne, pour employer moins d’antalgiques. Le patient m’écoute avec un petit sourire légèrement narquois, me pose quelques questions.

Je sors de la chambre,
rouge comme une pivoine.

En plein milieu de mon cours magistral, l’infirmière qui m’encadre (et qui doit commencer à se demander ce qui me prend tant de temps) entre dans la chambre. Elle échange un coup d’oeil complice avec le patient puis, au moment où je reprends mon souffle, me dit : « Je te présente le professeur X, chef de service à la clinique Machin ».

Au moment où je sors de la chambre, rouge comme une pivoine en murmurant « excusez-moi », j’entends mon patient, goguenard, qui me console d’un « Mais c’était très bien mademoiselle, gardez cet enthousiasme ! ». Oui. Ok. N’empêche, quand j’y pense… la honte !

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Linsay
    Août 28, 2011 @ 18:50:56

    Mouahahahaha ! Pardon mais c’est trop drôle ! 😄
    Et du coup il l’a pris son antalgique ou pas, pour finir ?

    Répondre

  2. Linoa
    Sep 14, 2011 @ 12:16:05

    Non… Les professionnels de santé sont les pires patients!

    Répondre

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