Rester sa maman

Si rose, si beau, si… parfait ! C’était un magnifique bébé, éclatant de santé, qu’avait mis au monde depuis quelques heures la jeune mère la plus angoissée que j’aie vue de ma vie. Il faut dire qu’elle avait des raisons de l’être : quelques années plus tôt, elle avait donné naissance à une petite fille qui ressemblait beaucoup à ce bébé. Si belle. Si parfaite. Et pourtant mourante, d’une pathologie très rare, fatale à court terme… Elle n’avait été aux côtés de ses parents qu’un an à peine. suite

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Biohazard

Aux patients qui, régulièrement, s’inquiètent de savoir si avec mon métier, je ne suis pas tout le temps malade par contagion, je réponds généralement en riant que même les microbes ont peur des infirmières ; et que moi, je n’ai pas peur des microbes. La réalité est, bien sûr, un peu différente mais j’ai quand même bien peu de raisons d’être inquiète – et pour cause… suite

Spéléologie

On le lui avait bien dit, que ça n’était pas raisonnable ! C’était une gorge bien trop étroite pour en tenter la descente ; surtout comme ça, quasiment nu et sans matériel. Ceci dit, il a eu pas mal de temps pour réfléchir aux conséquences de son acte… une fois coincé dans le noir pendant plusieurs heures, sans aucune possibilité d’aller plus bas, sans aucune solution pour faire demi-tour. suite

Ne juge pas

S’il ne devait y en avoir qu’un – un seul principe, une seule valeur clef, un seul commandement pour comprendre l’essence de la profession d’infirmière, pour moi ce serait celui-ci : ne profère pas de jugement de valeur. Quand on fait ses premiers pas à l’hôpital, on est plein de certitudes. Le Bien. Le Mal. Ce qui se fait, ne se fait pas. La « bonne » façon de mener sa vie. Et puis on découvre ; on déchire l’écran que les médias tissent pour nous, où l’on nous projette l’image du cancéreux, du mourant, du séropositif, du bon ou mauvais parent, du vieux, de l’alcoolique… Et on réalise qu’il n’existe pas une façon de mener sa vie mais une multitude, et qu’au fond, on est bien petit et insignifiant pour trier les bons et les mauvais comportements, les gentils et les méchants. suite

Nine… emmène-moi avec toi !

Au cours de la formation en soins infirmiers, la maison de retraite que l’on appelle pudiquement EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) est pratiquement un passage obligé… Un passage redouté, aussi, car c’est souvent là que la jeune infirmière fera la connaissance des aspects les plus difficiles de son futur métier : l’âge, la déchéance physique ou mentale, les réalités du corps aussi. Pourtant, un stage en maison de retraite peut être merveilleusement enrichissant, pour peu qu’on aime le contact avec les personnes âgées. Pour peu que, loin d’y voir un mouroir, on y découvre un lieu de vie et des personnes qui sont là, bien vivantes ; avec leurs opinions, leurs souvenirs mais aussi leurs projets. suite

Le jour où ça ne m’a plus rien fait

Angélina, ma petite puce. J’avais besoin de te parler, de revenir sur ce qu’il s’est passé entre nous. Ce qu’il ne s’est pas passé, en fait. Cet après-midi-là tu t’es envolée, petit ange, au bout de 24 minutes de vie. 24 minutes, c’est tout ce que tu as eu sur cette Terre, et moi, ça ne m’a rien fait. Je le savais, que ce jour viendrait… Ça n’était très certainement pas contre toi, Angelina ; mais tu étais la quatrième en une semaine et mon coeur était trop fatigué. Parce que dans le service où je suis, ce n’est plus possible de pleurer à chaque fois. Et que 24 minutes, c’est court pour s’attacher à quelqu’un. suite

Pudeur et soins ?

Une petite bourrasque fraîche et pudique semble souffler ces derniers temps, sur la blogosphère médicale et paramédicale, depuis l’initiative de Farfadoc de créer une pétition contre la fameuse jaquette d’hôpital qui vous laisse les fesses à l’air. Plus précisément, c’est une pétition pour des chemises d’hôpital respectant la pudeur et la dignité des patients – que je vous invite tous à aller signer ! On dira peut-être que le déficit des hôpitaux implique des priorités autres que ce petit confort-là… Pour moi, c’est toute notre façon de percevoir le patient qui tient dans ces petits bouts de tissu malcommodes, et la dignité humaine n’a pas de prix. suite

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